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Pas de bobos !

La pratique de la monopalme combine puissance, amplitude de mouvement, et contraintes spécifiques sur le corps : des pieds jusqu’aux hanches en passant par les chevilles. Bien que ce soit un sport magnifique, les frottements, pressions, efforts répétitifs ou changements d’équipement peuvent entraîner des blessures ou gênes. Passons-les en revue pour pratiquer sereinement et durablement.

Illustration, monopalme à ailettes sur le sable

Choisir et prendre ses marques avec une nouvelle monopalme

Quand vous optez pour une nouvelle monopalme, l’ajustement est primordial. Un chausson trop serré ou mal calibré risque de générer des pressions localisées, des frottements, des ampoules, ou encore une mauvaise répartition des forces sur l’articulation de la cheville ou le tendon d’Achille. Prenez le temps de « prendre vos marques » : commencez par des séances d’adaptation plus courtes, en vous concentrant sur la sensation du chausson, de la voûte plantaire, du talon. Si vous sentez un point de pression précis, marquez-le et ajustez l’équipement ou adaptez votre usage (chaussettes fines, pansements protecteurs, etc.). Cette phase d’adaptation est encore plus importante si vous passez de palmes classiques à une véritable monopalme, car le geste, l’amplitude et le retour au contact avec l’eau changent. L’équipement doit être pensé pour votre morphologie, et idéalement testé avant de l’adopter pour un gros volume ou une compétition.

Ampoules et frottements liés au chausson

Les ampoules sont fréquentes chez les monopalmeurs, notamment à cause de l’exposition prolongée à l’eau, de l’humidité et des frottements répétés. Le contact entre la peau humide et le chausson, surtout s’il est peu ajusté ou trop rigide, peut favoriser des cloques.
Solutions pour éviter les ampoules : porter des chaussettes ultrafines en néoprène ou textile lisse pour réduire le frottement. Appliquer sur les zones sensibles un film de lubrifiant, ou utiliser des bandes adhésives protectrices (tape) avant l’entraînement. Enfin, bien sécher les pieds, vérifier l’ajustement du chausson et éviter une chaussure/palme trop grande ou trop grande partie libre au talon, ce qui favorise le mouvement de glissement.

Frottements et douleurs à la région du talon d’Achille

Le talon d’Achille est une zone à risque dans l’usage de palmes, surtout si le talon du chausson comprime ou frotte sur le tendon. Un chausson à talon profond ou une sangle mal placée peut créer une irritation ou une tendinopathie. Bien que la nage traditionnelle ne sollicite pas de façon excessive le tendon d’Achille, l’usage de palmes (ou monopalmes) modifie l’angle du pied et la tension de ce tendon.
Comment limiter cette gêne : vérifier que le talon du chausson ou de la palme n’appuie pas directement sur le tendon. Choisir une palme ou un chausson plus confortable ou avec un talon rembourré/de forme ergonomique. Faire un bon échauffement des mollets et du tendon d’Achille avant l’entraînement : étirements doux, mobilisation du pied-cheville.

Problèmes d’articulation de la cheville

La cheville subit une sollicitation particulière en monopalme : amplitude de mouvement, répétition de la flexion/extension, et parfois inclinaison ou torsion en virage ou poussée. Une mauvaise technique, fatigabilité musculaire ou équipement mal adapté peut déséquilibrer cette articulation, entraînant douleurs, instabilité ou inflammation. Le lien entre palmes mal adaptées et douleurs d’articulation de la cheville est reconnu : un chausson trop rigide, un mauvais alignement du pied ou un manque de renforcement du muscle péronier peuvent tout déclencher. Il est essentiel de renforcer les muscles autour de la cheville (muscles stabilisateurs), de travailler la proprioception (équilibre), et de veiller à ce que le chausson / palme ne contraigne pas l’articulation dans des positions extrêmes. En cas de douleur ou de sensation d’instabilité, réduire l’intensité, appliquer repos ou consulter un spécialiste.

Crampes aux jambes et aux pieds

Les crampes musculaires dans les jambes ou les pieds peuvent survenir en monopalme à différents moments : pendant l’effort, après un changement d’équipement ou lors d’une intensité nouvelle. Plusieurs études indiquent que les crampes surviennent non seulement à cause de déshydratation ou d’un déséquilibre électrolytique, mais aussi à cause d’un mauvais conditionnement musculaire, d’une flexion excessive du pied (pointage prolongé), ou de l’utilisation d’équipements trop rigides ou inadaptés.
Prévention : boire régulièrement, avant et après la séance. S’étirer spécifiquement les mollets, voûtes plantaires, et cheville avant l’entraînement. Commencer l’entraînement avec un échauffement léger, ne pas monter trop brusquement les volumes. Utiliser une palme bien adaptée, éviter les chaussures/palmes trop contraintes qui forcent une pointe de pied maximale permanente. Si la crampe survient en séance, s’arrêter, étirer doucement, masser la zone, puis reprendre progressivement.

Différences entre entraînement et compétition

La pratique en entraînement et en compétition diffère par l’intensité, la durée, la technique, et l’équipement éventuellement utilisé. En entraînement on travaille souvent des volumes plus importants, des répétitions, des efforts variés (technique, endurance, vitesse). En compétition, la concentration est sur la performance maximale, souvent avec une palme plus rigide ou un chausson plus ajusté, ce qui peut augmenter les contraintes mécaniques. Il est donc important d’adapter les précautions : l’échauffement doit être plus rigoureux avant compétition, la récupération mieux gérée, et le matériel vérifié minutieusement. Ce qui passait sans souci à l’entraînement peut devenir problématique en compétition si l’on ne tient pas compte des effets de fatigue, de la nervosité ou du changement d’équipement. En compétition on tolère souvent moins la gêne ou l’inconfort : une micro-ampoule ou un talon rouge peut vite devenir un frein. D’où l’importance de répéter les conditions de compétition à l’entraînement (chaussage, intensité, durée) afin d’habituer le corps à ces paramètres.

Techniques globales de prévention

La prévention est un pilier de la pratique durable en monopalme. Elle passe par l’équipement, la technique, l’échauffement, la récupération.
Du côté de l’équipement : choisir un chausson bien adapté, ni trop large (risque de glissement), ni trop serré (risque de compression/frottement). Utiliser des chaussettes de palme fines ou des protections au niveau des zones sensibles (bout de pied, talon, voûte plantaire). Sur le plan technique : veiller à la bonne posture de pied-cheville, ne pas figer l’articulation, ne pas forcer systématiquement l’amplitude si les muscles ne sont pas prêts. Pour l’échauffement : commencer par des exercices de mobilité cheville-pied, étirements des mollets, quelques battements légers avec la palme, puis montée progressive. Il est aussi conseillé de renforcer les muscles de soutien (mollets, péroniers, voûte plantaire) et la proprioception (équilibre, instabilité contrôlée) pour limiter les entorses, douleurs d’articulation ou articulaires. Enfin, la récupération : bien hydrater, veiller aux apports en magnésium, potassium, calcium (même si l’électrolyte n’est pas toujours la cause première de la crampe).

Comment se soigner une fois blessé ou gêné

Lorsqu’une ampoule, une tendinite du talon d’Achille, une gêne à la cheville ou une crampe récidivante survient, il faut adapter l’activité et appliquer les mesures correctrices.

  • Pour une ampoule : ne pas la percer si possible, bien désinfecter, couvrir avec un pansement adapté et réduire temporairement l’entraînement ou adapter le matériel.
  • Pour une irritation du tendon d’Achille : repos partiel, glace, éviter l’appui ou la pression directe, étirements doux, et consulter un spécialiste si cela persiste. Une douleur à la cheville : arrêter le geste qui la provoque, appliquer glace, lever le pied, éventuellement bandage ou soutien, et reprendre progressivement avec renforcement puis vérification de l’équipement.
  • Pour les crampes fréquentes : revoir l’échauffement, l’hydratation, le matériel, et si malgré cela elles persistent, consulter car cela peut masquer une autre cause (nerf, circulation, technique).

L’important est d’intervenir tôt : ne pas « forcer la séance » avec une gêne présente, car cela peut transformer un simple frottement en blessure plus grave.

Illustration avec des pieds nus sur une plage de sable

La monopalme est un sport exigeant sur le plan technique et physique, mais en anticipant les zones à risque et en adaptant l’équipement, la technique ainsi que la récupération, vous mettez toutes les chances de votre côté pour progresser sans douleur. Le passage de l’entraînement à la compétition requiert encore plus de vigilance, tant sur le matériel que sur l’état corporel. Prenez vos marques avec rigueur, écoutez votre corps, et n’attendez pas que la gêne devienne blessure.

Sources :
https://shinfin.com/leg-fins-flippers/benefits/comfortable-new-fins/avoid-achilles-tendon-pain/
https://medical.ffessm.fr/prevenir-les-risques-d-accident-et-de-blessure
https://bewaterfreediving.com/do-you-have-blisters-when-you-swim-with-your-monofin
https://www.usms.org/fitness-and-training/articles-and-videos/articles/four-ways-to-fend-off-foot-cramps