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Dans quelles disciplines utilise-t-on la monopalme en apnée ?

La monopalme est un outil emblématique de l’apnée moderne. Grâce à sa puissance et à sa glisse, elle permet aux apnéistes de repousser leurs limites dans plusieurs disciplines, aussi bien en piscine qu’en milieu naturel. Mais dans quelles épreuves est-elle réellement utilisée ? Et avec quel type de monopalme ? Voici un tour d’horizon des disciplines d’apnée où la monopalme trouve toute sa place.

Illustration, nageur avec monopalme en mer

Apnée dynamique avec monopalme (DYN)

L’apnée dynamique avec monopalme (DYN) se pratique en piscine, sur 25 ou 50 m, le long d’une ligne d’eau, l’objectif étant de parcourir la plus grande distance en immersion horizontale sur une seule apnée. Le règlement autorise une monopalme ou des bi-palmes, mais interdit toute aide à la propulsion autre que les battements et l’élan du corps. La performance dépend alors d’un équilibre subtil entre amplitude, fréquence et relâchement musculaire, la monopalme servant d’extension du corps.

Les athlètes utilisent en général des monopalmes souples et légères. La voilure, souvent en fibre de carbone ou en fibre de verre, est fine et relativement flexible pour limiter la consommation d’oxygène. L’angle entre la voilure et le chausson favorise une position hydrodynamique et le maintien du regard vers le fond.

Poids constant avec monopalme (CWT)

    Le poids constant avec monopalme (CWT) se déroule en eau libre (mer, lac), le long d’un câble de référence : l’apnéiste descend et remonte à la nage, sans tirer au câble ni modifier son lest entre la descente et la remontée. La monopalme est l’option la plus répandue dans cette discipline de profondeur.
    En descente, la monopalme accompagne la phase de chute libre ; en remontée, elle devient un levier essentiel, transformant chaque ondulation en propulsion efficace vers la surface.

    Le poids constant est l’épreuve mythique des compétitions en profondeur (comme celles organisées par AIDA ou la CMAS). Elle exige une excellente technique de palmage et de compensation.

    Jump Blue ou Cube

    Le Jump Blue, aussi appelé « Cube », était une épreuve CMAS en eau libre : les athlètes plongeaient à environ 10 m et nageaient horizontalement autour d’un carré de 15 m de côté pour cumuler le plus de distance possible, généralement en monopalme (bi-palmes permises). Introduite au début des années 2000, la discipline a été abandonnée par la CMAS en 2017.

    Entraînement technique

    Même en dehors des compétitions, la monopalme est utilisée pour travailler la technique de l’ondulation, la gestion du relâchement, et l’alignement du corps. C’est aussi un excellent outil pour améliorer sa posture aquatique, que l’on soit débutant ou confirmé.

    Quel que soit le milieu, la monopalme exige une ondulation « corps entier » économe, avec un gainage marqué, une amplitude/cadence adaptées et une trajectoire fluide. En profondeur, on ajoute la maîtrise du canard, de la chute libre, de l’égalisation (souvent Frenzel) et de la gestion de la flottabilité ; en piscine, on travaille l’économie d’oxygène, la tolérance au lactate et la précision du geste sur de longues séries. Les cursus de formation formalisent ces points techniques, et des travaux récents sur l’ondulation en monopalme confirment l’impact métabolique des choix de cadence et de technique.

    Sources :
    https://www.aidainternational.org/competitive
    https://www.cmas.org/media/pdf/1.1.%20CMAS%20Finswimming%20Rules_V2023_01_EN.pdf
    https://en.wikipedia.org/wiki/Dynamic_apnea
    https://www.spz.si/wp-content/uploads/2013/03/dokumenti_26_2_2008_CMAS-Jump_Blue_Apnoea_Intl__Rules_2008-01_2371.pdf
    https://fr33d1v1ng.wordpress.com/competitive-disciplines/